Requiem de Fauré

Une soirée à l’Auditorium Orchestre National de Lyon, sous la direction d’Edward Gardner.

La soirée se compose en 3 parties :

  • Richard Wagner : « Enchantement du Vendredi saint »
  • Felix Mendelssohn Bartholdy : symphonie n°5, en ré majeur, op.107
  • Gabriel Fauré : Requiem, op.48

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Par un fait curieux, quelques-uns des plus beaux requiem sont le fait de musiciens peu religieux.

Après avoir été l’employé malheureux de l’archevêque de Salzbourg, Mozart préféra embrasser la franc-maçonnerie.

Berlioz se déclarait brouillé avec la foi catholique.

Verdi, athée notoire, n’hésita pas à placer dans la bouche de Iago (Otello) un credo blasphématoire.

Quant à Fauré, il se décrivait plutôt comme un agnostique. Il doutait de l’existence d’un au-delà, ce qui se traduisait par un pessimisme existentiel qu’il consolait volontiers dans la contemplation de la nature.
Il n’obtint pas moins, en 1877, le poste prestigieux de maître de chapelle à la Madeleine, à Paris, devenant en 1896 organiste de la même église. C’est ainsi qu’il décida de composer à son tour une Messe de requiem :

« Voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrements ! […]. J’ai voulu faire autre chose. »

Le rapport complexe de Fauré à la foi explique la nature insolite de son Requiem, non seulement dans le choix des textes mis en musique, mais également dans le caractère.

« Ce Requiem est, si l’on ose dire, l’œuvre d’un incroyant respectueux des croyances d’autrui […]. Un Requiem a pour mission de bercer la douleur d’une famille ou d’une foule en prière, … »

La version définitive voie sa première exécution officielle, le 12 juillet 1900 dans la salle du Trocadéro, à l’exposition universelle. Cette version, compte sept mouvements et réclame deux solistes (soprano et baryton), un chœur mixte, un grand orchestre symphonique et l’orgue: le magnifique instrument construit par Aristide Cavaillé-Coll au Trocadéro, aujourd’hui hébergé par l’Auditorium de Lyon.

L'orgue.

On entendra à cette occasion  cette orgue même sur lequel ce chef-d’œuvre résonna pour la première fois. Cette œuvre fétiche de l’Orchestre national de Lyon et des Chœurs et Solistes de Lyon – auxquels s’adjoint le Jeune Chœur symphonique.

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Cette version connut un succès qui depuis, ne s’est jamais démenti.

« On joue mon Requiem à Bruxelles, et à Nancy, et à Marseille, et à Paris, au conservatoire ! […] Vous verrez que je vais devenir un musicien connu ! ».