Archives pour la catégorie Peinture

Henri Matisse, le laboratoire intérieur

Exposition du 2 décembre 2016 au 6 mars 2017,  présentant 250 œuvres et rendant compte des principaux moments de ce parcours articulés en 14 séquences à la fois thématiques et chronologiques : des années d’apprentissage au tout début du XXe siècle, jusqu’aux études pour la chapelle du Rosaire à Vence (1948-1949), ultime chef-d’œuvre et aboutissement de toute une vie pour Matisse.

Tout au long de la vie d’Henri Matisse (1869-1954), le dessin occupe une place centrale, tant dans la diversité de ses moyens (crayon, fusain et estompe, plume et encre, calame ou pinceau…) que dans ses supports (feuilles de carnets, marges de lettres, ou beaux papiers).

Site officiel : www.mba-lyon.fr

 

Katsushika Hokusai

Cet artiste japonais (1760-1849) est célèbre à travers le monde pour ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales. Son oeuvre peinte, dessinée ou gravée incarne la spiritualité et l’âme de son pays.

Roy Lichtenstein

Roy Lichtenstein, né à New York en 1923, est le fils d’une famille aisée d’origine juive venue d’Allemagne. Dès l’adolescence, il commence à dessiner. Ses influences sont diverses: des formes épurées de l’Art Déco, aux super-héros qui hantent les univers futuristes des feuilletons radiophoniques, en passant par les slogans provocants du monde publicitaire.

Il s’inscrit à l’école d’art de l’Ohio State University. Mais la guerre interrompt ses études. Il est mobilisé et est envoyé en Europe entre 1943 et 1945. Il suivra une formation de pilote, et fera un bref passage à Paris. En 1946, son père décède, l’armée le renvoie aux Etats-Unis où il reprend ses études et obtient un Master of Fine Arts. Il commence à enseigner. Il aimerait vivre de son art mais il en est encore à chercher son style. New York l’attire.

En 1957, Leo Castelli ouvre sa galerie à Manhattan dans l’Upper East Side. Elle lancera le Pop Art. Lichtenstein s’essaie d’abord au cubisme à la manière de Picasso. «Je ne me suis jamais défait de ma première influence, le cubisme de Picasso, et pourtant j’ai passé ma vie à essayer de m’en détourner», expliquait Roy Lichtenstein. Il se tourne aussi, un peu, vers l’abstraction et l’Abstract Expressionism qui triomphe alors. Mais ce n’est pas pour lui.

Sa voie, c’est l’Amérique des comics et de la société de consommation triomphante. A partir de 1959, il reproduit fidèlement des personnages tirés de vignettes de dessins de Disney. Le Look Mickey en 1961 montre Donald et Mickey sur une jetée, Donald s’est accroché le hameçon à ses vêtements. C’est un succès. Peu à peu, il emprunte aussi ses reproductions aux scènes de comics mais pour adulte, les couples, les femmes ou les scènes de guerre dont le cultissimeWhaam! datant de 1962 appartenant à une série sur la Seconde Guerre mondiale.

« Je veux que mon tableau ait l’air d’avoir été programmé, je veux cacher la trace de ma main. » Roy Lichtenstein est très clair sur son art en ce début des années 1960.

Il joue de l’effet de loupe. Au sens propre et au sens figuré : il tend un miroir à ses contemporains friands d’une culture banalisée. Lorsque, à la fin de l’été 1961, il présente ses immenses toiles, mécaniques et lisses, inspirées des comic strips, au galeriste new-yorkais Leo Castelli, celui-ci adhère immédiatement. L’exposition remporte un grand succès commercial. La réception critique, elle, se fait attendre. En 1964, Lichtenstein est élu par le magazine « Life » « le plus mauvais peintre de l’année ». Qu’importe : l’artiste radicalise son écriture et passe à la moulinette de son style distancié et schématique divers sujets pris dans la culture populaire.

La période au tout début des années 1960 pendant laquelle Roy Lichtenstein travaille en multipliant les images prises dans les comics, en les recomposant et en employant des techniques dérivées de l’impression commerciale est la plus connue de l’artiste américain. Elle est pourtant assez courte. Mais il a réussi à inventer son style en soulignant très fortement les contours de ses personnages par un trait épais, en utilisant les couleurs primaires de l’impression cyan, magenta et jaune. Il emploie aussi, il est le seul, les points Ben-Day, ces cercles minuscules qui apportent du relief à ses images et créent un semblant de perspective.

S’il reconnaît que son travail emprunte très largement aux comics, il considère qu’il va bien au-delà. En recadrant l’original, il lui donne une existence propre permettant une nouvelle découverte de celui-ci.