Biennale Internationale Design 2013


Saint-Etienne, le 23 Mars 2013 : L’empathie ou l’expérience de l’autre

(Extrait)

La huitième édition de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne place la prospective au coeur de sa programmation, explore les grands enjeux de société et témoigne, à travers le design, des innovations qui influenceront les modes de vie de demain.
   Le choix du thème de l’empathie est le résultat d’une intuition et d’une réflexion collective. Nombreux sont les philosophes et les sociologues qui estiment urgent de repenser la société sur des bases plus respectueuses de la communauté humaine. Peut-être, dans une période où nous serions en mal d’utopie, à un moment où la société prétend se construire sur un unique principe de réalité, dans un temps où chacun d’entre nous devrait s’en contenter, l’empathie serait-elle porteuse de l’espoir d’une société plus sensible et plus attentive.L’empathie propose de regarder et de construire autrement le monde grâce à cette capacité d’appréhender et comprendre les sentiments et les émotions d’un autre.
Elsa Francès
Directrice de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne
  • Sur le site de la Manufacture :

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  • Quelques expositions (sur le site de la manufacture: les bâtiments H et la platine) : 

Demain c’est aujourd’hui #4 :  La manifestation s’attache à montrer un panorama des productions de design tournées vers le futur. Ces explorations sont le reflet des préoccupations contemporaines en matière de mobilité, santé, alimentation, travail, énergie, apprentissage, production, partage des données.

Traits d’union objets d’empathie : Parce que les nouveaux enjeux sociétaux, les évolutions technologiques et numériques, les préoccupations environnementales dessinent de nouveaux scénarios, un design empathique avec son époque doit prendre en compte ces notions et en produire la synthèse à travers l’objet. L’exposition Traits d’union se saisit donc du thème de la 8e biennale et propose une approche de l’objet industriellement produit et sa relation avec son destinataire final au prisme de l’empathie.

EmpathiCITY : Ce projet repose sur l’activation du réseau UNESCO des onze Villes Créatives de Design. L’exposition part d’un problème urbain, spécifique à chaque ville, et se focalise sur des questions transversales (espace public, santé, développement durable), afin d’aider à changer les comportements et usages.

Les androïdes rêvent-ils de cochons électriques ? 2012. Dans la zone interdite autour de Fukushima, cent mille animaux vivent sur des terres contaminées. Certains fermiers ne se résolvent pas à abandonner leurs bêtes et, chaque jour, risquent leur vie pour les nourrir. 

Dans le monde de Philip K. Dick, dans Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, la catastrophe nucléaire a aussi eu lieu. La nature a quasiment disparu ; des animaux-machines consolent faiblement l’humanité, plongée dans des mégalopoles rouillées et crasseuses, où l’on distingue les hommes des androïdes en les soumettant au test de Voight-Kampff, dit « d’empathie », qui met à l’épreuve le rapport à l’animalité.

La production d’animaux mécaniques n’est pas qu’un fantasme de romancier génial. Des entités artificielles qui endossent la forme, le nom, le statut – et la place ? – de l’animal mettent à l’épreuve le lien ontologique entre humains et non-humains. Confusion, désordre, chaos de la nature versus ordre, propreté et fonctionnalité de la technique animée ?

C’est dans ce contexte que l’intention de l’exposition Les androïdes rêvent-ils de cochons électriques ? s’est peu à peu dessinée : révéler par touches l’expérience sensible du créateur, dans cette zone de marnage où l’humanité et l’animalité se frottent.

ARTIFACT : Le terme « artéfact » désigne un produit de l’art, de l’industrie, par opposition aux objets naturels. Dans son célèbre ouvrage Le Hasard et la nécessité, Jacques Monod écrit ainsi : « La distinction entre objets artificiels et objets naturels paraît à chacun de nous immédiate et sans ambiguïté. Rocher, montagne, fleuve ou nuage sont des objets naturels ; un couteau, un mouchoir, une automobile, sont des objets artificiels, des artéfacts. ». Cette exposition propose de mettre l’accent sur la diversité des interventions du designer dans les domaines de l’image et de l’objet

Design with Heart : Il est difficile d’être à court de nouveaux produits dans le monde moderne. L’économie globale du XXIe siècle, dirigée par la technique, est semblable à un vaste dispositif destiné à produire et à mettre sur le marché des millions d’objets. Mais à quelle fréquence ces produits nous excitent-ils ? Pourquoi préférons-nous les grandes marques dans le choix des choses dont nous nous entourons ? Est-ce vraiment parce que nous avons confiance en leur pouvoir d’augmenter nos vies, ou parce que nous manquons d’une connaissance qui nous rendraient plus audacieux ?

Singularité : À l’heure de l’Internet des objets, les données numériques créent un environnement où l’information transite d’objets en objets, sans nécessiter d’intervention humaine. Les objets sont dotés d’une capacité à se modifier, à s’adapter et à « comprendre » leur utilisateur ou leur contexte. La notion de « singularité » désigne ce moment où l’ordinateur entraîne l’humanité dans une spirale technique qu’elle ne maîtrise plus. Le futurologue Ray Kurzweil prédit l’avènement de cette singularité à l’horizon 2030. L’humanité sera-t-elle alors dominée intellectuellement par ses propres machines. Doit-on organiser la résistance aux machines, ou se diriger vers une fusion avec celles-ci afin d’accéder à une nouvelle forme d’humanité ?

Cette dernière solution semble déjà celle qui a été retenue : nos smartphones sont des extensions de nos facultés cognitives et les possibilités de prothèses corporelles se multiplient (lunettes augmentées, puces RFID, etc.). Mais la machine est aussi un outil réflexif, qui permet de se percevoir et de comprendre l’autre différemment. L’exposition Singularité s’articule autour de trois thématiques : l’expérience de soi, l’expérience de l’autre et l’expérience d’un « autre ». Trois axes qui permettent aux visiteurs d’appréhender l’empathie numérique grâce à la découverte et à l’expérimentation des projets présentés.

L’âge du faire : « Le sujet n’est pas l’objet, mais l’homme » avait prévenu Charlotte Perriand. Il n’empêche : tout design requiert un pacte avec la matière, asservie, pliée et pourtant subversive. Béton et métal, tels sont les matériaux abordés dans L’âge du faire. Ils évoquent les villes, l’artifice, le Junkspace de Rem Koolhaas, notre agonie dans un nuage de poussière sale, l’inverse de l’empathie qui relèverait plutôt de la soie ou de l’acajou.

C’est pas mon genre ! Adoptant un ton et un positionnement résolument critiques et sans favoriser une définition univoque de la féminité, C’est pas mon genre ! montre les courants émergents du design contemporain français en interrogeant les rapports multiples et complexes qu’il entretient avec les femmes.

Les Labos : la Biennale propose aux entreprises un espace entièrement consacré à l’expérimentation avec les usagers